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Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide de reprendre une activité professionnelle, le couple se met à la recherche d'une nounou. Louise est, à première vue,  la perle rare: toujours disponible, elle conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Elle devient indispensable...et le piège de la dépendance mutuelle va se refermer sur les acteurs, jusqu'au drame.

Ce roman tient en haleine sans artifice inutile. D'ailleurs, la narratrice ne nous prend pas en traître en révélant dès le premier chapitre, l'assassinat des deux enfants et la tentative de suicide de leur nourrice. 

Chanson douce n'est pas un thriller, plutôt une fable tragique qui glisse inéluctablement de la comptine pour bien dormir à l'âpre description de scène de crime... Un roman que je n'ai pas lâché, prise que j'étais par l'histoire et par le profil de cette famille. Un régal, une lecture joussive bien que dérangeante, à deux pas du morbide. Je le conseille presque sans restriction avec peut-être un petit véto pour les jeunes parents!

"La nounou est comme ces silhouettes qui, au théâtre, déplacent dans le noir le décor sur la scène. Elles soulèvent un divan, poussent d‘une main une colonne en carton, un pan de mur. Louise s’agite en coulisses, discrète et puissante. C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut pas advenir. Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial."