A la suite d'un grave accident de voiture, Hanna, une jeune Irlandaise à la vie rangée, se retrouve à l'hôpital. Pendant son séjour, elle va partager sa chambre avec une certaine Zelda Zonk, vieille dame de quatre-vingt-cinq ans, joyeuse et determinée. Très vite, une profonde amitié va naître entre ces deux femmes. Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d'emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c'est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant. Tout en menant l'enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marilyn, si elle a réussi à passer de la lumière à l'anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ? Une enquête savoureuse autour de Marilyn Monroe. Une grande histoire d'amour et d'amitié, émouvante et intense.

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Cependant, un bruit léger s'échappait de l'autre moitié de la pièce, qui disait que la vieille dame ne dormait pas plus qu'elle. Ce n'était pas une respiration, mais une sorte de glissement feutré qui s'étirait régulièrement. Un peu malgré elle, Hanna se sentit réagir à ce rythme familier. Son esprit embourbé dans la déprime poisseuse qui suit l'euphorie s'éveillait de nouveau: elle reconnaissait cette petite musique, c'était le feulement d'un fil que l'on tirait à travers une toile. Prenant des risques inconsidérés, Hanna bougea de quelques centimètres de son poste de soldat à l'affût. Son oeil subitement intéressé s'arrêta sur le tambour à broder, seul chose qui dépassât du rideau de séparation. Elle reconnut la déformation particulière du pouce de la brodeuse, et se dit qu'elle partagerait au moins cette crampe-là avec sa voisine inconnue.

Les minutes s'égrainèrent doucement. Apaisée, Hanna suivait le mouvement régulier des doigts tirant l'aiguille, le coton rouge dessinant des volutes sur la toile bise. A sa manière de passer les fils derrière l'ouvrage, elle sut que la vieille dame n'était pas une brodeuse de circonstance; c'était une experte, comme elle.

Le silence s'étala, percé régulièrement par l'aiguille et le fil qu'on tirait, de l'autre côté du rideau. La conversation ne débutait pas, chacune craignant probablement de déranger l'autre. Cela ne pourrait pas durer, se disait Hanna, et les convenances exigeaient que ce soit elle qui salue la première.

Mais peut-être veut-elle qu'on lui foute la paix... Ou peut-être qu'elle est autiste , comme toi, couillonne! Il était temps.

"C'est du point de croix ce que vous faites?" Hanna entendit le son de sa propre voix, avec l'impression d'avoir sauté dans un puits. Elle n'avait pas pu faire ça.

La main au-dessus du tambour suspendit son geste, il y eut un grincement de literie, et le rideau s'ouvrit sur des cheveux très blancs et des yeux très bleus. Un sourire.

"Oui, du point compté. Vous connaissez? 

Ce roman est une ode à la bonne humeur et à l'amitié. C'est un petit gâteau au beurre que l'on savoure sur fond de paysages irlandais. J'ai lu ce livre presque d'une traite tant l'intrigue est bien menée. Tout comme Hanna, on a envie de savoir, on s'attache aux personnages, on a presque l'impression de faire partie de la famille.

Et je viens de voir que ce roman connaît une suite: Hanna. Autant vous dire qu'il est déjà dans ma liste d'envies.