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Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

"Dans la forêt" est la transcription du journal de Nellie, l'un des derniers liens qu'elle maintient avec sa vie d'avant, dont elle se détache peu à peu... La fin du monde tel que nous le connaissons ne survient ni dans une explosion apocalyptique, ni dans le chaos d'une guerre mondiale. C'est une extinction progressive, insidieuse, des attributs d'une modernité devenus tellement évidents qu'ils déterminent les besoins, les comportements et les désirs des hommes.

Si Eva et Nellie s'entêtent dans un premier temps à se préparer en vue du retour à une vie "normale", elles réalisent ensuite la vacuité de leurs espoirs, s'adaptant à leurs nouvelles conditions d'existence, nouant avec la forêt des liens de plus en plus intimes. Leur relation elle-même évolue, malgré les tensions ou le découragement qui la plombent parfois, vers une puissante et bouleversante union sororale.

Rompant avec le pessimisme souvent inhérent aux récits dont l'ambition est de nous projeter vers demain, Jean Hegland propose avec "Dans la forêt" un autre avenir possible, une alternative à l'illusion consistant à croire que l'accomplissement de l'humanité réside dans l'optimisation du progrès technologique et le développement des modes de communication.

Et si la fin était en réalité le début, la possibilité d'un retour à la vie que nous méritons, pour laquelle nous sommes réellement faits... ? Si elle était une deuxième chance qui nous est offerte de réapprendre à jouir sans les gâcher des ressources offertes par la nature, de redevenir ce que nous sommes vraiment, un élément parmi d'autres de ce grand tout qu'est notre environnement, de redécouvrir que l'épanouissement tient à la fois à beaucoup et peu de choses, mais en tous cas pas à ce qu'on veut nous faire croire, pas à la possession, pas à la domination... Si elle était l'occasion de réaliser qu'un être cher et une forêt suffisent... ?

"Petit à petit, la forêt que je parcours devient mienne, non parce que je la possède, mais parce que je finis par la connaître. Je la vois différemment maintenant. Je commence à saisir sa diversité – dans la forme des feuilles, l’organisation des pétales, le million de nuances de vert. Je commence à comprendre sa logique et à percevoir son mystère."

"C'est incroyable comme l'espoir plane tout prêt au-dessus du désespoir."