18 septembre 2017

La drôle de vie de Zelda Zonk - Laurence Peyrin

A la suite d'un grave accident de voiture, Hanna, une jeune Irlandaise à la vie rangée, se retrouve à l'hôpital. Pendant son séjour, elle va partager sa chambre avec une certaine Zelda Zonk, vieille dame de quatre-vingt-cinq ans, joyeuse et determinée. Très vite, une profonde amitié va naître entre ces deux femmes. Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d'emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c'est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant. Tout en menant l'enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marilyn, si elle a réussi à passer de la lumière à l'anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ? Une enquête savoureuse autour de Marilyn Monroe. Une grande histoire d'amour et d'amitié, émouvante et intense.

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Cependant, un bruit léger s'échappait de l'autre moitié de la pièce, qui disait que la vieille dame ne dormait pas plus qu'elle. Ce n'était pas une respiration, mais une sorte de glissement feutré qui s'étirait régulièrement. Un peu malgré elle, Hanna se sentit réagir à ce rythme familier. Son esprit embourbé dans la déprime poisseuse qui suit l'euphorie s'éveillait de nouveau: elle reconnaissait cette petite musique, c'était le feulement d'un fil que l'on tirait à travers une toile. Prenant des risques inconsidérés, Hanna bougea de quelques centimètres de son poste de soldat à l'affût. Son oeil subitement intéressé s'arrêta sur le tambour à broder, seul chose qui dépassât du rideau de séparation. Elle reconnut la déformation particulière du pouce de la brodeuse, et se dit qu'elle partagerait au moins cette crampe-là avec sa voisine inconnue.

Les minutes s'égrainèrent doucement. Apaisée, Hanna suivait le mouvement régulier des doigts tirant l'aiguille, le coton rouge dessinant des volutes sur la toile bise. A sa manière de passer les fils derrière l'ouvrage, elle sut que la vieille dame n'était pas une brodeuse de circonstance; c'était une experte, comme elle.

Le silence s'étala, percé régulièrement par l'aiguille et le fil qu'on tirait, de l'autre côté du rideau. La conversation ne débutait pas, chacune craignant probablement de déranger l'autre. Cela ne pourrait pas durer, se disait Hanna, et les convenances exigeaient que ce soit elle qui salue la première.

Mais peut-être veut-elle qu'on lui foute la paix... Ou peut-être qu'elle est autiste , comme toi, couillonne! Il était temps.

"C'est du point de croix ce que vous faites?" Hanna entendit le son de sa propre voix, avec l'impression d'avoir sauté dans un puits. Elle n'avait pas pu faire ça.

La main au-dessus du tambour suspendit son geste, il y eut un grincement de literie, et le rideau s'ouvrit sur des cheveux très blancs et des yeux très bleus. Un sourire.

"Oui, du point compté. Vous connaissez? 

Ce roman est une ode à la bonne humeur et à l'amitié. C'est un petit gâteau au beurre que l'on savoure sur fond de paysages irlandais. J'ai lu ce livre presque d'une traite tant l'intrigue est bien menée. Tout comme Hanna, on a envie de savoir, on s'attache aux personnages, on a presque l'impression de faire partie de la famille.

Et je viens de voir que ce roman connaît une suite: Hanna. Autant vous dire qu'il est déjà dans ma liste d'envies.

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06 mars 2017

Chanson douce - Leïla Slimani

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Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide de reprendre une activité professionnelle, le couple se met à la recherche d'une nounou. Louise est, à première vue,  la perle rare: toujours disponible, elle conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Elle devient indispensable...et le piège de la dépendance mutuelle va se refermer sur les acteurs, jusqu'au drame.

Ce roman tient en haleine sans artifice inutile. D'ailleurs, la narratrice ne nous prend pas en traître en révélant dès le premier chapitre, l'assassinat des deux enfants et la tentative de suicide de leur nourrice. 

Chanson douce n'est pas un thriller, plutôt une fable tragique qui glisse inéluctablement de la comptine pour bien dormir à l'âpre description de scène de crime... Un roman que je n'ai pas lâché, prise que j'étais par l'histoire et par le profil de cette famille. Un régal, une lecture joussive bien que dérangeante, à deux pas du morbide. Je le conseille presque sans restriction avec peut-être un petit véto pour les jeunes parents!

"La nounou est comme ces silhouettes qui, au théâtre, déplacent dans le noir le décor sur la scène. Elles soulèvent un divan, poussent d‘une main une colonne en carton, un pan de mur. Louise s’agite en coulisses, discrète et puissante. C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut pas advenir. Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial."

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19 janvier 2017

Les années douces - Hiromi Kawakami et Jirô Taniguchi

 "Alors je suis sortie. Pour m'assurer que je n'étais pas seule à vivre. M'assurer que je n'étais pas la seule que vivre inquiétait aussi. Mais...Comment aurais-je pu vérifier ce genre de choses? J'étais dans ce genre d'état quand je suis tombée sur le maître." 

Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Et c'est insensiblement, presque à leur cœur défendant, qu'au fil des rencontres les liens se resserrent entre eux. La cueillette des champignons. Les poussins achetés au marché. La fête des fleurs. Les vingt-deux étoiles d'une nuit d'automne...

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04 janvier 2015

Un Noël blanc - Le réconfort de la mélancolie

Constance, atteinte d'un cancer incurable, refuse de mourir à l'hôpital et décide de passer ses derniers jours et son dernier Noël dans sa maison d'enfance à Dublin. Le courage tranquille de cette femme, son humour, son amour de la liberté qui lui fait refuser l'acharnement thérapeutique sonnent presque comme une victoire sinon sur la mort du moins sur la peur de mourir.

Elle a encore deux tâches à accomplir: terminer le livre qu'elle écrit pour apprendre la femme qu'elle a été et confier à son père la petite fille qu'elle avait voulu élever seule. 

Les moments présents se croisent et s'entremêlent avec les souvenirs du passés, dessinant ainsi une femme combattante et combative, sûre d'elle et pourtant tellement fragile, entourée et pourtant si seule.

Considérée comme l'un des meilleurs écrivains irlandais contemporains (et à juste titre au vu de ce roman) , Jennifer Johnston nous livre ici une oeuvre poignante, superbement écrite, une lumineuse réflexion sur la mort certes, mais bien au-delà, sur l'influence de nos choix, de nos décisions, sur le destin.

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" C'était toujours un évènement quand on apportait l'arbre de Noël à la maison. La fraîche odeur des aiguilles de pin dans les chambres qui sentaient l'hiver. La joie de sotir les guirlandes étincelantes des papiers de soie dans lesquels on les avaient enveloppées onze mois auparavant. La chaude odeur de la cire lorsque, pour la première fois, les petites bougies rouge et tire-bouchonnées scintillaient dans leurs supports dentelés. C'était presque mieux que Noël, qui, au fond, ne répondait jamais à l'attente de personne."

 

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27 septembre 2014

La mort à petits pas...

"Sylvie est partie discrètement sur la pointe des pieds en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Elle ne voulait pas déranger, elle m'a dérangé au-delà de tout. Cette année, l'hiver a commencé plus tôt, le 12 novembre. Je crois qu'il va durer longtemps et être particulièrement rigoureux."

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L'auteur a un credo, il ne veut pas sombrer dans le mélo. Il se lance dans la chronique gaie au jour le jour de son deuil. Avec ce livre, Jean-Louis Fournier touche une nouvelle fois la corde sensible du lecteur, le faisant passer du sourire aux larmes, en abordant un thème pourtant si personnel et universel à la fois. 

" Quand je voulais te mettre en colère je disais que tu étais une bonne ménagère. Tu rangeais tout et je ne retrouvais rien. Aujourd'hui, je n'ai plus rien à perdre."

Je pense que la Mort est l'une de mes plus grande névrose. A chaque fois que l'on aborde le sujet je me barricade, la peur m'assaille et je ne veux surtout pas en entendre parler, je fais taire mes angoisses car à chaque fois j'ai l'impression qu'un gouffre m'englouti, je manque d'air.

Et pourtant, quand ce samedi, une lectrice à rapporter le livre Veuf de Jean-Louis Fournier et me l'a tendu en me disant dans un sourire: "Ce livre vous réconcilie avec la perte!", je ne l'ai pas remis dans les rayons mais dans mon sac pour le dévorer en une soirée.

La Mort me fait toujours peur, mais le temps d'un roman, j'ai réussi à en sourire.

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" On m'a retiré ma moitié, ce que j'avais de mieux. Je m'arrose de ton parfum pour que tu repousses."

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22 septembre 2014

Sur un air d'Opéra

" Vendello a posé le livre. tu es l'entre-deux, la note suspendue, l'équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es la dièse qui frôle le sol, un presque sol; tu es la défaillance retenue d'extrême justesse, tu es le bord de l'abîme. Tu es ce qui pourrait être et qui n'est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle et ne se confond pas. tu as l'incertitude. Tu es la note sensible."

Ils se voient de temps en temps, pour un apéritif, un concert à l'opéra, une galette des rois. Elle s'occupe de lui quand il tombe malade, et, lorsqu'elle perd sa grand-mère, se réfugie chez lui.

Mais Vendello se fait de plus en plus absent, lui parle sans cesse du chef Noureguiev… Elle se renseigne sur Noureguiev, visite les mêmes lieux que Vendello, et finit par découvrir son homosexualité. Déçue, se sentant trahie, elle se demande pourquoi il l'a laissée l'aimer…

Un récit très sensible, écrit avec une grande simplicité, qui avance à coups de menus événements, de petites touches, où rien n'est dit, mais tout est implicite.

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La note sensible, Valentine Goby.

" Le ciel était transparent. Il faisait jour. Au-dehors, les volets étaient encore fermés, les rideaux tirés, les stores baissés. Il n'entrait pas les fenêtres ni lumières, ni bruits. Les balcons étaient déserts, la cour vide [...]. Le plafond était silencieux, le couloir muet, les chambres . C'était dimanche".

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10 juin 2014

En marche...

Il aura suffi d'une lettre - la lettre d'adieu d'une amie qui se meurt - pour jeter Harold Fry sur les routes d'Angleterre.

Quelques sous en poches, une paire de chaussures-bateau et l'espoir de la revoir une fois encore...

Cottage après cottage, bocage après bocage, Harold marche, persuadé que, tant qu'il avance, son amie vivra. Il marche et repense à sa vie. Mille kilomètres parcourus pour que le destin d'Harold Fry rejoigne celui de sa femme, son fils, son amie, et tous ceux qu'il croise sur sa route...

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" L'idée et la décision vinrent en même temps. C'était d'une simplicité désarmante. - Dites-lui qu'Harold Fry est en route. Elle a simplement à m'attendre. Parce que je vais la sauver, voyez-vous? Je vais continuer à marcher et elle, elle doit continuer à vivre. Vous lui direz?[...]

- Je pars maintenant. Tant que je marcherais, elle doit rester en vie. S'il vous plaît, dites-lui que cette fois, je ne la laisserais pas tomber."

 Un roman poignant mais pas larmoyant, drôle, irrespectueux à souhait, surprenant, provocateur; le parcours d'un Forest Gump septuagénaire à travers l'Angleterre en quête d'un nouveau souffle.

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22 janvier 2014

Un nouvel horizon

Mon premier livre de 2014 est un voyage au coeur de l'Histoire que l'on savoure avec ferveur.

Quand Honor Bright décide de franchir l'Atlantique pour accompagner, au coeur de l'Ohio, sa soeur promise à un Anglais récemment émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d'une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker: broderie, prière, silence.

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Mais l'Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu'enchanteresse: soumise pour 15 ans encore au régime de l'esclavage, traversée de toute sorte d'épidémies, torturée par une nature capricieuse, rien dans cette terre ne résonne pour elle d'un écho familier.

Portrait intime de l'éclosion d'une jeune femme (qui va s'affranchir de sa discrétion et participer au "chemin de fer clandestin", un réseau d'aide aux esclaves en fuite vers les terres libres du Canada), fresque poignante sur la violence d'une époque, témoignage précieux sur les habitudes de 2 communautés méconnues - les quakers et les esclaves en fuite - La dernière fugitive confirme le talent et la parfaite maîtrise romanesque de l'auteur.

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12 décembre 2013

La vie est un livre

Mis à part le tricot, je passe aussi le plus clair de mon temps à dévorer des livres (parfois je fais les deux en même temps): des romans, des BD, des documentaires, des policiers... Bref, je dévore!

En flanant dans un marché aux puces, je suis tombé sur Le libraire de Régis de Sà Moreira. C'est un petit bijou complètement loufoque et poétique à souhait.

Le libraire n'a pas d'autre nom que celui de sa profession; il vit littéralement dans sa librairie ouverte 24h/24 où se croise le monde entier et même Dieu et la mort. Le libraire boit des tisanes à chaque client qui entre dans sa boutique, il envoit des pages de livre arrachées à ses frère et soeurs qui vivent aux quatres coins du monde. Il a des habitués, dont il connait les habitudes mais pas les noms, des femmes à qui il peut faire l'amour, des enfants qui courent partout, un seul et unique livre de voyage.

Vous n'avez rien compris? Tant mieux, parce que là est tout le secret: c'est un livre sans histoire mais avec des histoires. C'est une allégorie de l'amour, de la mort, des sentiments,à savourer doucement (comme une tisane) pour qu'il ne se termine pas trop vite.

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Le libraire ne pratiquait pas la grossierté mais il avait trouvé d'autres armes qui s'étaient révélées tout aussi efficaces. Ces armes étaient des phrases et ces phrases le libraire les avaient prises dans des méthodes de langues étrangères. Quelles étaient ces langues et comment se disaient ces phrases en ces langues, le libraire n'en avait auncun souvenir parce que c'était uniquement pour leurs phrases qu'il lisait les méthodes de langues étrangères.

Ces phrases sans qu'il sache pourquoi touchaient un point sensible chez le libraire et résonnaient en lui comme peu d'autres. Chacune lui paraissait être une histoire à elle seule.

[...] Et sa préférée parmi toutes: " Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs ". Il y avait quelques chose dans cette phrase. Un pouvoir magique qui marchait à tous les coups. [...]

Le libraire essayait parfois d'imaginer la personne qui avait réussi à écrire la phrase sur les icebergs, qui s'était dit dans sa tête " Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs ", et qui ensuite l'avait écrit, et qui s'en était servi dans une méthode de langue, parmi d'autres phrases elles aussi magnifiques, mais qui n'avaient sans doute pas le pouvoir de celle-là, bien que le libraire ne les eût pas toutes essayées.

Le libraire n'avait rien contre les icebergs et ne doutait pas qu'il y avaient beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur eux comme sur tous les phénomènes naturels, mais penser cette phrase ! Mais l'écrire ! ... Et la dire ! ... Quelle merveille !

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25 novembre 2013

So british!

Première rencontre avec Virginia Woolf. J'étais entrée dans la petite librairie "Les racines du vent". Je cherchais un  livre à lire pendant un week-end chez mes parents. "Je cherche un petit livre, dont l'histoire se situerait en Angleterre, au XIXème siècle peut-être" (je suis une dingue de la Grande-Bretagne à cette période, une droguée de Jane Eyre). "Connaissez-vous ceci?" et la libraire me tendit Mrs Dalloway. Je lus le livre en une après-midi, au coin du feu.

Le livre est le récit d'une journée de Clarissa Dalloway et, en même temps, d'une journée de Londres. Big Ben, la grande horloge, sonne les heures, découpant le Temps et les chapitres.

Mrs Dalloway, qui donne un bal ce soir, est descendue dans Bond Street pour acheter des fleurs. Virginia Woolf offre alors une fresque de la ville de Londres et de ses habitants: chacun des inconnus que frôle Mrs Dalloway nous étant soudain révélé, tel qu'il est, et mystérieusement uni aux autres. 

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Y a-t-il, pour un amateur de romans, joie plus grande que d'en trouver un qui soit original et humain? Virginia Woolf était un grand écrivain, mais elle devient, parmi les écrivains de notre temps, un de ceux que j'admire le plus et qui me touchent le plus profondément.

" Pour avoir vécu à Westminster - combien d'années déjà? plus de vingt - Clarissa était catégorique, on ressent, même au milieu de la circulation ou si l'on se réveille en pleine nuit, un calme particulier, une solennité; une pause impossible à décrire, une attente avant la sonnerie de Big Ben. Là! Elle retentissait. D'abord, musicale, pour prévenir. puis l'heure, irrévocable."

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