15 mai 2013

Un beau tableau

La reprise du travail s'accompagne toujours de sa petite routine. Pour ma part, ce sont les lectures ferroviaires, celles qui m'accompagnent dans les transports et qui me font voyager bien plus qu'un simple aller-retour. Même si je lis énormément pendant les vacances (et pendant les week-end et le soir dans mon lit avant de dormir et aussi parfois quand je tricote), j'aime beaucoup m'extraire du brouhaha ambiant des transports pour me faire une petite bulle hors du temps. J'ai attaqué la semaine avec un livre chiné à Emmaüs.

Parti à la recherche d'un tableau mystérieux, Jonathan croise la route de Clara. Tous deux sont convaincus de s'être déjà rencontrés. Mais où et quand? A Londres, il y a plus d'un siècle...
De Saint-Pétersbourg à Boston, de Londres à Florence et Paris, La prochaine fois de Marc Lévy entraîne ses lecteurs dans une histoires où amours et énigmes défient le temps.


"Clara rentra et referma la porte de la galerie, elle revint vers la vitrine et regarda le taxi s'éloigner, songeuse. Une autre question avait occupé son esprit, depuis le déjeuner. L'impression d'avoir déjà rencontré Jonathan était devenue obsédante. Alors qu'il contemplait le tableau, assis sur son tabouret, certains de ses gestes lui semblaient presque familiers. Mais elle avait eu beau y penser sans cesse, elle ne pouvait associer ni lieu ni date à ce sentiment. Elle haussa les épaules et retourna derrière son bureau."

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04 mai 2013

Des chiffres et des lettres...

Comme le héros du film Rain Man, Daniel Tammet est un autiste savant, un génie des nombres. Son cerveau extraordinaire lui permet de mémoriser les 22 514 premières décimales du nombre Pi et de parler dix langues.

Bien qu'autiste, il n'est pas coupé du monde. A force de volonté, il a appris à vivre presque normalement. Dans ce livre, "Je suis né un jour bleu", Daniel Tammet nous raconte avec une simplicité bouleversante son enfance à Londres, dans une famille de neuf enfants. Il décrit ses années d'école, la découverte de sa différence, la conquête de son autonomie et sa route vers la célébrité.

" Vers la fin de la semaine, nous assitâmes à une conférence sur les pays d'Europe de l'Est, leur géographie et leur situation politique. La conférence dura une heure pendant laquelle chacun était censé prendre des notes. J'écoutais, mais n'écrivais pas. Le conférencier me demanda à un certain moment pourquoi je ne prenais pas de notes. Je répondis que je pouvais me souvenir de tout ce qu'il avait dit et que je prenais des notes mentales, dans ma tête. J'avais toujours fait ainsi, j'avais passé mes examens à l'école de cette façon. Il me posa plusieurs questions pour me tester et il ne parvint pas à me prendre à défaut."

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01 avril 2013

Le livre du printemps

Poussée par une amie, l'éditrice Isabelle Laffont, Didier Decoin décrit dans son nouveau livre, Je vois des jardins partout, ses souvenirs et sa passion pour les fleurs, les arbres et ceux qui savent les cultiver. C'est là que son épouse intervient. Elle connaît le nom latin de chaque plante comme d'autres récitent les tables de multiplication. C'est avec elle, explique-t-il, qu'il part en compagnie de fous furieux, une bande surnommée la "Cinquième Saison", pour dévaliser les nurseries anglaises de plantes rares avant de prendre l'avion en essayant de glisser ces achats fragiles dans des valises bondées. Didier et Chantal sont tombés amoureux de ce coin du Cotentin, de la maison qu'ils occupent depuis trente ans et de son jardin de curé.  A défaut de donner de la binette et du sécateur, Didier récolte les idées : "Des lumières, des parfums, des sons que je vais glisser dans le chapitre que j'écrirai, que j'essaierai d'écrire, sitôt que j'aurai fini d'inspecter les pavots et les graminées", précise-t-il. L'homme est donc un rêveur qui va le nez en l'air et les mains dans les poches.

"Le toucher d'une écorce, le parfum d'une feuille froissée dans le creux de la main, le frisson d'un massif de graminées, la saveur poivrée d'une fleur, une plate-bande aux couleurs pétaradantes, ou, tout au contraire, la délicatesse inouïe d'un mixed border de fleurs blanches et de feuillages aussi chlorotiques que les lèvres de certaines pâles jeunes filles du siècle de Balzac, ne renseignent pas sur les dates d'une bataille, ni ne révèlent le nom des formenteurs d'un coup d'Etat, mais ils sont des vecteurs d'émotions incomparables - et que serait l'Histoire, la majuscule Histoire, sans nos émotions minuscules?

D'ailleurs, l'Histoire, on finit toujours par l'écrire sur le papier des arbres."

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07 mars 2013

Premier livre du mois de mars.

Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies.
Enfant unique d’une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l’obscurité d’un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde.
A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence.
No, privée d’amour, rebelle, sauvage.
No dont l’errance et la solitude questionnent le monde.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous. No et moi - Delphine de Vigan

"Quand j’étais petite je voulais être un feu rouge, au plus grand carrefour, il me semblait qu’il n’y avait rien de plus digne, de plus respectable, régler la circulation, passer du rouge au vert et du vert au rouge pour protéger les gens. Quand j’étais petite je regardais ma mère se maquiller devant le miroir, je suivais ses gestes un à un, le crayon noir, le rimmel, le rouge sur les lèvres, je respirais son parfum, je ne savais pas que c’était si fragile, je ne savais pas que les choses peuvent s’arrêter, comme ça, et ne plus jamais revenir."

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28 février 2013

Le charme des liaisions

Trois couples, trois histoires d'amour et de haine... Le roman commence avec Catherine, dont le mari, Jean, a disparu sans explication, et qui espère son retour; Lorsque, un été, elle rencontre à l'île de Ré un inconnu vêtu de noir : Maxence, c'est le coup de foudre !

Toutes deux mariées, ses plus proches amies, Hélène et Béatrice, tentent de la mettre en garde contre un emballement aussi brusque...

En fait, chacune de son côté assiste à l'érosion de l'amour dans son couple et croit y échapper en entretenant des liaisons extraconjugales. Telle la passion, "l'amour pour toujours" qu'on s'est juré en se mariant est-il condamné à n'être qu'un feu de paille ?

Dans ce roman d'émotion et de charme, la romancière, Madeleine Chapsal, aborde la question capitale de l'amour tel qu'on le vit, tel qu'on le perd - et réussit à le réinventer.

Il n'y a pas que les plaisirs de bouche que Catherine conserve en mémoire : il y a ces purs moments de joie pour aller quérir quelque nourriture en forêt ou au potager et pour la savourer ensuite en compagnie de la cuisinière, ravie de faire aussi hautement plaisir ; avec un chien sous la table, un chat sur le manteau de la cheminée fixant la tablée de ses yeux jaunes et impénétrables; le repas ponctué des compliments de l'homme de la maison. Une satisfaction profonde qui lui a donné le sentiment - ineffaçable - que la vie peut être bonne. En certains lieux, à certaines heures, en dépit de tout.

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07 février 2013

A Mélie, sans mélo

Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Pour la première fois, sa petite-fille, Clara, vient passer les grandes vacances chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé...

Elle verra ça plus tard. La priorité, c'est sa Clarinette chérie ! Durant tout l'été (le dernier ?), Mélie décide de fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins.

Il y a aussi le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique...

Et puis, comme la vie est vraiment dingue, il y a Mélie qui va rencontrer le grand amour... Cent cinquante ans à eux deux? Mais quand on aime, on ne compte pas!

- Barbara Constantine-

photo (4)" Après le déjeuner, c'est Mélie qui décide du programme. Hier, par exemple, elles ont passé plusieurs heures à regarder pousser les bambous. Mélie dit que s'ils grandissent de quinze à vingt centimètres par jour, on devrait les voir pousser. Elles se sont installées dans des fauteuils, avec de quoi manger, boire, et écouter de la musique. Elles ont écouté La Traviata en entier, Mélie adore la Callas. Pour regarder pousser les bambous, c'est pas mal, l'opéra... Il y a juste que, des fois, pour mieux écouter, on ferme les yeux. Et là, c'est possible que ce soit pile le moment où il se passe des choses..."

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24 janvier 2013

Et puis, Paulette...

C'est le titre du livre que je viens de finir, écrit par Barbara Constantine.

Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement heureux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. A l'évidence, elle n'a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas...

Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.

De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette...

 

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" Onze heures. Simone et Hortense attendent depuis une heure, assises sur leurs chaises, postées en face de la porte. Elles tricotent. Ce matin, elles se sont levées plus tôt que d'habitude. Simone a commencé par rajouter du bois dans le poêle, puis elle a posé la cafetière sur la plaque pour réchauffer le café de la veille."

Un roman qui sent bon la campagne et la solidarité et qui, même dans les transports parisiens, arrive à nous faire évader.

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21 janvier 2013

Début d'une semaine, fin d'un livre.

Je viens de terminer Le confident de Hélène Grémillon. Un excellent livre selon moi.

Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d'abord à une erreur mais les lettres continuent d'arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés.

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" Ma mère tenait la mercerie du village. Après l'école, nous nous y rendions tous les deux, moi pour rejoindre ma mère, Annie pour rejoindre la sienne qui y passait la moitié de sa vie, la moitié qu'elle ne passait pas à coudre."

 

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